Qu’est ce qu’un Maître en BDSM ?
Et la différence entre un Maître et un Dominant

par ulysse
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Souvent il existe une confusion entre le Titre de Maître et de Dominant en BDSM.

Le rôle de chacun est très différent et la philosophie, les pratiques qu’ils proposent sont à l’opposé.

LE DOMINANT

Dominer, c’est commander souverainement, avoir une puissance absolue, c’est exercer son autorité, son influence sur quelqu’un, être le plus fort, montrer sa supériorité.

Le Dominant domine, exerce sur la dominée un ascendant, une influence, impose sa volonté de manière autoritaire.

Le dominant n’a pas de connexion, d’altruisme, de relation allocentrée Dominant - dominé.

On distingue plusieurs types de Dominants :

 Le Dominant qui domine...
 Le Dominateur qui est un dictateur qui Domine pour assouvir sa soif de puissance. La différence entre Dominant et Dominateur est parfois mince et souvent le Dominant devient Dominateur et inversement. Le très dangereux pervers narcissique est un Dominateur.
 Le Dominant par jeux Domine en respectant les règles BDSM comme le CSS par exemple et respecte sa partenaire, l’aspect consensuel, les mots de sécurité. Ce genre de Dominant deviendra tôt ou tard Maître.

LE MAÎTRE

Le terme Maître désigne une personne expérimentée occupant un rôle de professeur ou de formateur. Dans le BDSM, on utilise le titre de Maître pour désigner celui qui guide, éduque, épanouit.

Un Maître est une personne qui dirige sans Dominer, ou du moins sa Domination est naturelle. Il possède un charisme, une autorité naturelle. Il possède à un degré éminent un talent, un savoir, une connaissance et qui les partage et qui les enseigne. Il peut être pris pour modèle.

Être Maître c’est aussi Maîtriser, c’est se rendre maître d’une personne avec bienveillance, d’en contrôler le comportement pour la faire grandir, la rendre meilleure.

Le Maître ne laisse pas transparaître ses sentiments ou ses émotions, il refrène ses actions et réactions, il cherche à se connaître parfaitement, à se dompter soi-même pour mieux apprivoiser l’autre.

Pour devenir Maître, on doit contrôler son esprit, son imagination, son caractère, son tempérament et enseigner à la soumise à le faire pour devenir meilleure.

Un Maître contrôle, se contrôle, gère et se gère et à la maturité pour être un guide. Il est humble et cherche à progresser sans cesse.

Il dirige avec bienveillance, avec du talent, enseigne et partage son Art avec sa soumise lors de l’éducation et peut former des dominants.

Mais surtout, il te fait te sentir unique, jolie avec de belles qualités. Il ne rabaisse pas, il élève et te rends heureuse.

La différence entre un dominant et un Maître en pratique BDSM

Le Maître et le Dominant dominent différemment.

Le Dominant cherche à contrôler, à dominer, à prendre le dessus.

Il n’y a pas de connexion, de complicité, c’est une lutte de pouvoir ou l’un prend le corps de l’autre, le domine et essaie avec plus moins de succès de dominer aussi l’esprit de l’autre pour augmenter son plaisir et le rendre dépendant, inférieur.

Dominer c’est aussi, hélas souvent, rabaisser l’autre, punir, détruire son estime de soi afin d’en faire un jouet obéissant, servile, peureux...

L’aspect consensuel est ignoré, les pratiques imposées, les mots de sécurité sont mal ou peu respectés sous prétexte d’éducation, de dépassement de soi, de «  test  », les limites ne sont pas respectées... Si la dominée prend peur et demande des pratiques consensuelles et respectueuses, la faute sera mise sur elle, elle sera culpabilisée… ou même punie !

C’est donc une relation centrée sur l’égoïste et la toute-puissance du Dominant et sa recherche de pouvoir sur autrui et sur la satisfaction des désirs du Dominant.

Dans une relation Dominant / dominée, il n’y pas de subspace, il y aura du plaisir, mais avec des insatisfactions pour la Dominée.

Si la dominée est masochiste elle pourra arriver à l’extase masochiste avec les risques de dépression associés si la redescente est mal gérée.

Les rencontres sont une succession de séances qui souvent laissent un vide qui ne peut se combler pour la dominée.

Il y a peu de place pour les câlins d’après séance, pour la vérification du consensus, pour les ateliers de sécurité, de formation...

La soumise est l’objet du plaisir du Dominant.

Le Maître ne cherchera pas à prendre le dessus sur la personne soumise.

Les séances se font sous forme d’éducation orientée sur l’expérience qu’il va faire vivre à la personne soumise, sur ce qu’elle ressent, sur son plaisir, sur son voyage dans un monde de plaisir.

Le Maître, avant la première séance, va apprendre à connaître la soumise, l’écouter, créer un lien de confiance, fixer les limites, les objectifs de l’éducation d’une manière transparente et consensuelle. Il va l’informer sur les pratiques qu’elle va vivre et recueillir son consentement, l’informer sur ses droits, ses devoirs, sur les procédures de sécurité.

Ensuite, il va l’éduquer, l’entraîner, la préparer, l’accompagner pour l’aider à se connaître, à se dépasser, à s’épanouir et à atteindre le subspace.

La soumise va vivre un voyage sensuel, sensoriel, sexuel qui sera aussi une expérience de l’esprit par son imagination.

Grâce à l’éducation qui crée un type de relation très complice, épanouissante, la soumise va progresser très vite et avec facilité. Elle sera fière de ses progrès, aura beaucoup de plaisir et très vite franchira ses limites jusque-là ne plus en avoir.

Tout lui semblera facile et d’elle-même, elle voudra aller sans cesse plus loin, vivre ses fantasmes les plus secrets, car elle sait que le Maître veille sur sa sécurité, son bien être et qu’il organisera selon ses goûts, ses rêves ses fantasmes les plus fous.

Ce genre de relation libère, apaise, épanouie.

La soumise est une élève, une partenaire, une complice, une athlète de haut niveau qui s’épanouit dans son Art grâce à son entraîneur, son mentor, le Maître.

J’essaie donc de progresser comme Maître chaque jour pour mériter ce titre et apporter du bonheur à celles qui se donnent à moi et me font confiance.